L’Amour est au menu

L’Amour est au menu

Résumé :

Nomoto est passionnée de cuisine ! Et bien qu’elle ne soit pas une professionnelle de ce métier, elle tient un compte sur Internet sur lequel elle poste des photos de ses petits plats. Mais le soir, quand elle rentre chez elle, elle n’a personne avec qui les partager… jusqu’au jour où, ayant cuisiné en trop grande quantité, elle propose à sa voisine célibataire de dîner avec elle. Sa vie pourrait bien prendre de nouvelles couleurs… Source : Akata

Avis principal par Beldaran

Annoncé en novembre 2023 lors de la Y/Con par les éditions Akata, le premier volume de la série, L’amour est au menu est disponible depuis le 13 juin dernier. Le titre arrive chez nous avec une jolie réputation : de nombreuses nominations et une adaptation drama.

J’étais très impatiente de mettre la main dessus et, sans surprise, j’ai adoré la lecture. Un coup de cœur !

L’histoire est simple. Nomoto a une passion, la cuisine. Elle poste même ses petits plats sur les réseaux, cela fait sa joie. Cependant, elle a un souci, elle souhaiterait voir plus grand mais elle possède un appétit de moineau. Heureusement, coïncidence, elle découvre au détour de l’ascenseur que sa voisine, Kasuga, présente un sacré appétit : une aubaine, qu’écris-je, un alignement des planètes !

Nomoto, terriblement obnubilée par sa voisine, lance une invitation maladroite et nous découvrons que Kasuga a un bon coup de fourchette. Alors que cette dernière paraît inexpressive, taiseuse, sa manière de manger, donne faim. Et autant l’écrire immédiatement, j’ai eu envie de manger tout au long de ma lecture et mon repas m’a paru bien fade. Nomoto ne recule devant rien pour inviter Kasuga qui répond toujours de manière positive, prête à faire bombance.

Les chapitres s’enchainent avec fluidité en proposant des points culinaires pertinents mais je regrette qu’il n’y ait pas de fiches recettes. Plus les fourchettes s’activent et plus les deux jeunes femmes se rapprochent : c’est une explosion de sororité chaleureuse et bienveillante. L’ensemble fait tellement de bien. La relation qui s’installe entre Nomoto et Kasuga est naturelle avec une Nomoto très expressive et une Kasuga plus mesurée mais qui change, malgré tout, au contact de sa cuisinière de voisine, notamment en prenant des initiatives.

Le récit n’oublie pas d’aborder la place des femmes dans la société et la manière dont elles sont perçues, par la famille, ou encore sur leur lieu de travail. Clairement le regard des autres, essentiellement masculin, est un poids et les deux jeunes femmes le traite à leur manière mais finissent par se retrouver autour d’un bon petit plat.

Nomoto est naturelle, énergique et se laisse souvent emporter mais elle est fascinée par Kasuga et ne peut s’empêcher de la regarder manger. Elle est touchante, dans toutes ses pensées qui concerne sa voisine. Kasuga est plus mesurée mais on devine des failles, des souffrances que Nomoto apaise. Je suis impatiente d’en découvrir plus.

Le dessin est simple et colle parfaitement à l’ambiance conviviale de l’histoire. C’est un plaisir de regarder Kasuga manger. Ces passages sont sans dialogues mais Sakaomi Yuzaki joue parfaitement de l’expressivité des personnages. Les plats donnent faim.

L’édition est bonne. La qualité d’impression est correcte avec un papier souple, très légèrement transparent. La première page couleurs est très jolie. La traduction, signée Blanche Delaborde, est parfaite et le titre français est très bien trouvé.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Akata.

Tome 3 par Beldaran

L'Amour est au Menu T3

Mon avis sur le deuxième tome est passé à la trappe, même s’il a fait partie de mes coups de cœur du mois septembre. Il se voulait dans la continuité du premier avec Nomoto qui commençait à questionner ses sentiments et où le passé de Kasuga se révélait, expliquant la distance avec sa famille. J’ai aimé ces deux premiers volumes. J’ai A-DO-RE le troisième.

Le volume s’ouvre sur un plat du nouvel an qui permet à Nomoto de faire parler ses ustensiles de cuisine et à Kasuga de faire travailler ses joues, pour le plus grand bonheur de la cuisinière. Les chapitres suivants introduisent deux nouveaux personnages très sympas, amenés à devenir récurrents et qui enrichissent les thématiques abordées dans les premiers tomes.

Yako suit le compte culinaire de Nomoto depuis longtemps et suite au partage d’un film lesbien, elles se trouvent à échanger sur la situation de Nomoto qui vide son sac. Yako ouvre le champ des possibles sur la forme libre des relations amoureuses, mettant en avant la rigidité de la société. Ce carcan qui pèse sur la condition des femmes s’appuie notamment sur la cuisine et de manière plus générale sur la nourriture. C’est un élément exploité depuis le début où l’on s’attend à ce qu’une femme sache cuisiner pour sa future famille. Cependant, avec l’histoire de Kasuga un autre aspect néfaste de la nourriture apparaissait dans le tome 2 : les meilleurs morceaux étaient donnés à son frère et elle ne pouvait que se taire et avoir faim. D’ailleurs, son père reprend contact avec elle et la scène est difficile. C’est violent. Elle expose les contraintes familiales, un modèle prôné par les hommes, réduisant les femmes à peu de chose, à des variables ajustables qui doivent tout à leur famille. La conclusion de l’échange est heureusement lumineuse : vive Nomoto.

Avec Yako, Nagumo, la nouvelle voisine, fait son apparition et dévoile une autre problématique autour de la nourriture. Elle n’aime pas manger et souhaite simplement être acceptée telle qu’elle est : zéro souci pour Nomoto et Kasuga. Avec Nagumo c’est un autre rapport nourriture/société qui est exposé de manière intelligente mais la lecture du passé de la jeune femme peut être difficile.

Dans les faits, si vous rencontrez des problèmes vis-à-vis de la nourriture le volume contient de nombreux avertissements quant à des scènes difficiles autour de la nourriture.

Le chapitre final les rassemble toutes et offre une belle énergie de groupe.

Même si certains propos sont difficiles, l’ambiance chaleureuse perdure avec des petits moments rigolos.

Derrière une tranche-de-vie culinaire assez simple, Sakaomi Yuzaki exploite avec intelligence les travers de la société patriarcale qui enferme les femmes dans des cases jusque dans leurs assiettes. C’est brillant et le coup de cœur se poursuit. Rendez-vous au mois de mars pour la suite.

  • Scénario
  • Dessin
5

En conclusion

L’amour est au menu est une tranche-de-vie culinaire merveilleusement chaleureuse. Les personnages sont attachants. Un coup de cœur !

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